Interview d'étudiant

Rémi Cadet, étudiant en dernière année, effectue son stage de fin d’études dans une firme texane du secteur électrique installée en Chine, une expérience décisive qu’il n’oubliera pas…

Pouvez-vous retracer votre parcours?

Mon parcours est relativement bref: après l’obtention de mon baccalauréat, à la Réunion, en 2005, je suis entré à l’ESME Sudria. En dernière année, j’ai intégré la voie d’approfondissement « Systèmes Energétiques et Développement Durable». Dans cette section sont principalement enseignés la conversion d’énergie (électronique de puissance, transformateurs, moteurs, convertisseurs, etc.), l’automatique, les moyens de production (en particulier les centrales nucléaires et les énergies renouvelables) et de transport de l’énergie, et le développement durable.

2photovoltaïque.jpgDans quelle entreprise effectuez-vous votre stage?

EPD (Electronic Power Design), l’entreprise dans laquelle j’ai effectué mon stage, est une firme texane spécialisée dans la production et l’intégration d’équipements électriques pour l’industrie pétrolière (plateformes offshore, navire d’approvisionnement, d’exploration, etc.), pour la marine, etc. Créée il y a 20 ans, cette entreprise familiale a très rapidement grandi, pour être aujourd’hui représentée sur trois continents.

EPD China, la filiale destinée à accueillir mon projet, est située à Yangzhou, province du Jiangsu, près de Shanghai. Y sont principalement produites les unités EOS (Electrical Operating System) pour les navires remorqueurs-ravitailleurs de BOURBON, leader des services maritimes à l’offshore pétrolier. L’EOS est en quelque sorte le cœur électrique du navire: il contient tous les équipements de conversion d’énergie, de contrôle, etc. Ce bloc est produit entièrement en usine, puis installé dans le navire pendant la construction de celui-ci, comme une sorte de «bloc LEGO».

Quelle est l’actualité de cette entreprise?

EPD voudrait utiliser son expertise pour se lancer dans le marché du photovoltaïque aux États-Unis, et en particulier au Texas. L’objectif serait de devenir distributeur, producteur de la partie électrique (onduleur, systèmes de contrôle, etc.), installateur de générateurs photovoltaïques (du simple toit solaire à la centrale photovoltaïque), et ainsi de fournir au Texas, région sous-exploitée, un accès simple et rapide à la technologie photovoltaïque. Pour cela, un fournisseur sérieux doit être trouvé, en vue d’un réel partenariat pour l’approvisionnement en panneaux solaires. En effet, la fabrication de modules photovoltaïques demande un savoir-faire et des moyens de production qu’EPD ne possède pas, et ne compte pas posséder.

En quoi consiste votre stage?

Mon stage consiste en la réalisation du premier projet pilote, à Yangzhou, pour l’usine d’EPD China. Initialement, ce devait être un parking solaire de 50kW fonctionnant en réseau séparé. Finalement, nous sommes en train de réaliser une centrale de 100kW connectée au réseau électrique et montée sur le toit de l’usine. Pour ce projet, tout ou partie du système électrique sera fourni par EPD, et le reste par le fournisseur solaire. Il en ira de même pour  l’installation. Une fois le projet achevé ici, un projet identique sera mené pour l’usine de Houston, au Texas.

Quelles raisons vous ont-elles poussé à choisir ce stage ?

J’étais particulièrement intéressé par les deux domaines quasiment antagonistes que sont le nucléaire et le photovoltaïque. Par le nucléaire en raison de l’importance que représente cette filière en France actuellement, de la place qu’occupe notre pays dans le monde dans ce secteur, et de la grosse demande à venir en ingénieurs. Par le photovoltaïque en raison de la montée en puissance de cette énergie, de linfluence indéniable qu’elle aura à l’avenir sur nos modes de vie, et parce que, même si la technologie est déjà très au point, tout est encore à faire (repenser les modes de production et de distribution de l’électricité pour y intégrer les capricieuses énergies renouvelables, améliorer la technologie pour faire baisser les coûts, etc.).

3cartechineshangai.jpgPourquoi la Chine?

Aller à l’étranger pour mon stage était une de mes priorités: je souhaitais faire le plus de découvertes possibles pendant cette courte période. Et cette volonté m’a naturellement orienté vers l’Asie, où le dépaysement était assuré. J’ai focalisé mes recherches sur deux pays en particulier : le Japon et la Chine.

Le Japon est, avec la France et les États-Unis, un des leaders mondiaux dans le nucléaire. De plus, du point de vue de la recherche, de la capacité de production et du marché disponible, le Japon est aussi un des leaders mondiaux dans le secteur du photovoltaïque. Par ailleurs, à niveau comparable de développement, le peuple japonais est probablement celui dans le monde qui a la culture la plus éloignée de la nôtre.

La Chine est évidemment intéressante pour son avenir assuré dans l’économie mondiale: déjà deuxième puissance mondiale, ce pays se permet encore d’avoir une croissance à deux chiffres et pourrait dépasser les États-Unis à l’horizon 2020-2030. De plus, la Chine est le plus gros producteur de wafer (plaques de silicium utilisées dans la production de cellules photovoltaïques), de cellules en silicium cristallin, et de panneaux. Enfin, le marché intérieur chinois est extrêmement prometteur: en 2009, la Chine avait la deuxième plus grosse capacité installée d’énergie renouvelable au monde et se plaçait première devant les États-Unis en investissements dans les énergies propres (34,6 milliards de dollars contre 18,6 milliards de dollars pour les EUA). Un autre avantage de la Chine est la proximité entre ce pays et le marché réunionnais du photovoltaïque: la Chine faciliterait donc un éventuel retour sur l'île dont je suis originaire.

Par conséquent, lorsqu’Arthur de Bretagne, General Manager à EPD, m’a proposé de venir en Chine pour lancer un nouveau business dans le photovoltaïque, le temps de la réflexion n’a pas été très long...

Quel bilan provisoire pouvez-vous dresser et quelles satisfactions en avez-vous retirées?  

En ce qui concerne le bilan du projet même, c'est assez difficile. Beaucoup de problèmes se sont posés et cela n'a pas beaucoup avancé. Mais c’est un bilan bien dérisoire comparé à l’apport réel de ce stage. C’est la première fois que je participe à un projet en étant du côté «business». De plus, cela s’est déroulé dans le contexte très particulier de la Chine, et de son approche si particulière: je suis loin d’avoir fini d’en sonder les subtilités. C’est un sujet sur lequel je pourrais écrire des pages et des pages d’anecdotes. Et je n’ai passé que quatre mois ici...

L’ouverture à la culture chinoise est une des expériences les plus enrichissantes que j’aie eu l’occasion de vivre. On a énormément d’idées reçues sur les chinois : elles sont presque toutes fausses. J’ai fait le compte récemment: j’ai réuni dans un Word les mails que j’ai écrits à mes amis concernant ma découverte de la Chine, et j’en étais à près de 30 pages. Et je n’ai pas le temps de tout raconter. Chaque jour est une découverte. Je viens d’essayer pendant 5 minutes de formuler à quel point j’aime la Chine et l’expérience que je suis en train de vivre, mais je ne trouve rien qui soit à la hauteur. Donc, prenez ce que vous pouvez imaginer de mieux, et on ne devrait pas être très loin de ce que je pense... Et bien sûr, travailler dans une multinationale américaine a aussi été particulièrement profitable. Je voulais en voir le plus possible pendant la courte période de mon stage : je crois que c’est réussi...

Avez-vous un plan de carrière? Quels sont vos projets pour l'avenir?

Pour ce qui concerne mes projets, EPD devrait m’offrir une embauche. Ce qui signifie donc poursuivre les projets pilotes, et développer le business aux États-Unis. Ce qui devrait m’occuper quelques mois, voire des années.

Poster un commentaire

(Si vous n'avez pas encore écrit de commentaire ici, vous devez être approuvé par le propriétaire du site avant que votre commentaire n'apparaisse. En attendant, il n'apparaîtra pas sur le site. Merci d'attendre).


Saisissez les caractères que vous voyez dans l\'image ci-dessus.

Archives

Commentaires récents

Nuage de tags

A propos de l'ESME Sudria

L'ESME Sudria est une école d'ingénieurs fondée en 1905 par Joachim Sudria. L'école est reconnue par l'Etat depuis 1922. L'école est habilitée par la Commission des Titres de l'Ingénieur (CTI) à délivrer son diplôme au nom de l'Etat. Le diplôme d'ingénieur de l'ESME Sudria est visé par le Ministère de l'Éducation Nationale. Le diplôme d'ingénieur de l'ESME Sudria confère le grade de Master. L'école est membre de la Conférence des Grandes Ecoles (CGE) et de l'Union des Grandes Ecoles Indépendantes (UGEI).

Infos pratiques

  • ESME SUDRIA
    38 rue Molière
    94200 Ivry-sur-Seine

    TEL : 01 56 20 62 00
  • PLAN DU SITE
  • MENTIONS LÉGALES
  • DATES CLÉS