INGÉNIEuRS DE TouS LES PoSSIBLES
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« Une bonne stratégie, ce n’est pas forcément une idée nouvelle mais le fait d’éliminer certaines idées moins porteuses »

  • 05/12/2014

Ingénieur de formation et spécialiste des systèmes d’information, Khaled Draz était l’invité des Mardis de l’ingénieur de l’ESME Sudria, le 2 décembre. Devant les étudiants, le directeur général de CS Systèmes d’Information est revenu sur le virage de l’innovation qu’a su prendre son entité pour continuer à être performante en tant qu’entreprise de taille intermédiaire (ETI) dans un secteur numérique en pleine (r)évolution.

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L’ingénieur doit être capable « d’évoluer dans un monde où rien ne se passe comme prévu »

Heureux d’être « devant des jeunes à la carrière prometteuse » pour cette conférence à l’ESME Sudria, Khaled Draz sait qu’il a en face de lui ceux qui seront amenés à dompter les futures technologies. « Ce qu’on attend d’un ingénieur, c’est d’abord d’avoir les connaissances de base mais surtout d’être capable d’évoluer dans un monde où, aujourd’hui, rien ne se passe comme prévu, annonce-t-il. L’ingénieur est celui qui peut mener n’importe quelle mission dans un environnement extrêmement mouvant. » Afin d’arriver à ses fins, l’ingénieur doit donc être pleinement impliqué dans son travail. Pour que ce soit le cas, il n’y a pas 36 solutions selon l’intervenant. « Il faut que vous soyez vous-mêmes, expliquait-il aux étudiants. Faites d’abord ce qui vous fait plaisir, qu’il s’agisse d’une mission scientifique, technique, de recherche ou de management parce que sinon ça se verra ! » L’implication des futurs ingénieurs a d’autant plus d’importance aux yeux de Khaled Draz que le secteur du numérique vit actuellement un tournant sans précédent. Secteur assez jeune avec 27 % de salariés de moins de 30 ans (dont 69 % de cadres et 93,6 % de CDI), le numérique se permet même de dépasser le secteur de l’aéronautique en matière d’emplois avec « près de 400 000 salariés en France et 6 000 nouveaux emplois de cadres créés en 2013 ». Sa progression est telle que ses effectifs ont quadruplé en 20 ans « malgré l’éclatement de la bulle Internet au début des années 2000 et la récente crise financière » dont on ressent encore les effets. Une embellie que l’on doit aux grands groupes mais surtout aux ETI et PME qui, dans l’Hexagone, représentent « les deux tiers des entreprises du numérique ».
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Innovation n’est pas diversification
Comprenant entre 250 et 5 000 employés chacune, les ETI sont au cœur de la révolution numérique. Dans « un contexte économique difficile » et face à une concurrence très forte « en particulier en France qui est l’inventrice du concept SSII », elles doivent à la fois se montrer innovantes sans pour autant se noyer dans la diversification de leurs activités. Pour répondre au besoin du monde actuel, sa première mission consiste d’abord à mieux se connaître elle-même : « Une ETI doit prendre en compte l’existant, c’est-à-dire son savoir-faire, la composition de ses effectifs et ses références clients – quels sont les projets réussis ? Ceux qui ont ratés ? » Pourquoi une telle introspection ? Parce que sa stratégie de compétitivité, contrairement à celle d’un grand groupe, doit passer par des remises en question régulières. « Une bonne stratégie, ce n’est pas forcément une idée nouvelle mais le fait d’éliminer certaines idées moins porteuses, assure Khaled Draz. Pour avoir une stratégie de développement valable, notamment en technologie, il faut déjà identifier les axes de force de l’entreprise : ses positions commerciales, ses ressources, sa capacité de croissance, son savoir-faire accumulé (R&D, produits & propriété intellectuelle), son marché accessible (quels clients dans quelle zone géographique ?) et son image. Il y a aussi une culture d’ingénieurs à valoriser, encore plus que dans un grand groupe. Le but étant de tirer profit de leur créativité tout en la canalisant pour maîtriser l’innovation qui est un vrai levier de croissance indispensable sur le marché : qui n’est pas capable d’innover, meurt. »

mardis-inge-khaled-draz-(2).jpgQuand l’ingénieur doit embrasser les SMACS
Cette réorientation, l’intervenant a eu justement l’occasion de la réaliser après être devenu directeur général de CS Systèmes d’Information en 2013, lui qui avait déjà connu CS de l’intérieur de 1997 à 2003. « Quand je suis revenu, j’ai observé le Groupe CS qui était alors perçu comme ayant de fortes capacités d’ingénierie et un vrai savoir-faire technique mais qui n’atteignait pas les degrés de croissance économique escomptés, détaille-t-il. L’entreprise était trop diversifiée et faisait plein de trucs sans qu’on ne sache plus vraiment quoi. Nous avons alors déterminé nos quatre principaux domaines de compétences – les systèmes d’aide à la conception, les systèmes décisionnels, les systèmes embarqués et les systèmes d’information – mais aussi l’un de nos plus grands atouts : le fait de très bien connaître le métier de nos clients. » De ce constat dressé par Khaled Draz et ses équipes est né une nouvelle dynamique, fortement influencée par « les SMACS » (Social, Mobility, Analytics, Cloud, Security), soit les cinq axes technologiques porteurs qui nécessitent autant « de créativité que de réactivité chez les ingénieurs ». Une véritable refonte qui ne passait pas forcément par la conquête coûte que coûte de nouveaux clients. « Nous avons décidé d’accroître nos positions chez nos clients actuels, en adaptant éventuellement de nouvelles offres avec de l’innovation que nous proposions jusque-là à certains d’entre eux. » Autrement dit : utiliser des compétences établies dans un domaine et trouver une possibilité de les transposer dans un autre pour engendrer de nouveaux services. Aux ingénieurs de demain de se montrer aussi malins.

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