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« Le partage est fondamental dans la communauté des makers »

  • 22/11/2019
David, un maker à l'ESME Sudria

Étudiant en 4e année à l’ESME Sudria, David Boccara (promo 2021) est ce qu’on appelle plus communément un maker. Touche-à-tout, curieux et adepte du « Do It Yourself », il profite de son cursus et du Sudri’Lab pour mener différents projets avec toujours le même objectif : apprendre et créer tout en s’amusant. Une approche qui permet à ce futur ingénieur passionné de découvrir différents univers, des drones à l’impression 3D en passant par le monde de la santé.

David, un maker à l'ESME Sudria

David en pince pour le « Do It Yourself »

Depuis combien de temps souhaites-tu devenir ingénieur ?

David Boccara : Depuis tout petit ! En effet, mon grand-père était lui-même ingénieur et tout ce qu’il faisait me fascinait. J’aime aussi la médecine – hormis mon grand-père, toute ma famille travaille dans la santé –, mais c’est vraiment l’ingénierie qui m’a toujours attiré. De ce fait, après une Terminale S en spécialisation « Sciences de l’ingénieur », j’ai voulu réaliser ce rêve en rejoignant l’ESME Sudria. Cela n’a pas été tous les jours facile, notamment à cause de ma dyslexie, mais j’ai réussi à surmonter les difficultés.

 

Comment t’y es-tu pris pour surmonter ta dyslexie ?

Il m’a fallu beaucoup de détermination et, très souvent, travailler deux fois plus que les autres. Heureusement, j’ai pu compter sur le soutien de nombreuses personnes. Sans elles et mon envie de m’en sortir et de me dépasser, je n’y serais probablement pas arrivé.

 

Quel métier souhaites-tu faire après ton cursus ?

J’avoue espérer pouvoir rejoindre des entreprises comme Thales ou Safran, c’est-à-dire des entreprises liées de près ou de loin au militaire. Pourquoi ? Parce que c’est un secteur très porté sur l’innovation et que je m’intéresse énormément à l’aérospatial. Certes, je n’y connais pas grand-chose pour le moment, mais c’est justement ce qui me donne envie. C’est ma façon de penser : quand je suis en face d’un sujet que je ne comprends pas bien ou que je ne maîtrise pas réellement, j’ai aussitôt besoin de creuser, de faire des recherches, d’en apprendre plus… En général, en tant qu’ingénieur, ce qui m’attire le plus, c’est ce que je ne connais pas encore ! J’ai besoin de ne plus être impressionné, de savoir.

 

C’est cette philosophie qui t’a fait devenir un maker ?

J’ai choppé le virus du « Do It Yourself » très jeune. Enfant, avec mon père, je faisais déjà pas mal de maquettes et j’adorais ça. C’était sans doute mon moment préféré chaque week-end. Mais mon engouement s’est accentué ces dernières années grâce à cette révolution qu’est la démocratisation du prototypage rapide et ultra-accessible. Il y a dix ans encore, si vous vouliez prototyper l’une de vos idées, c’était quasiment mission impossible : vous deviez alors faire appel à des usineurs et d’autres spécialistes, pour une démarche à la fois complexe et très coûteuse. Aujourd’hui, tout a changé, notamment grâce à l’impression 3D. D’ailleurs, quand je suis arrivé à l’ESME Sudria et que je suis tombé sur ses imprimantes 3D, cela m’a tout de suite donné envie de m’en procurer une afin de savoir comment cela fonctionnait. J’ai acheté des pièces détachées pour la monter moi-même. Bon, c’était assez chaotique, mais ça marchait quand même. Après ce premier essai, j’ai persévéré, en changeant d’imprimante et en poursuivant des tests, des expérimentations… Tout cela n’a fait que nourrir ma passion.

 

Qui t’a mis le pied à l’étrier au sein de l’école ?

C’est Romain Astouric, le responsable du Parcours Ingénierie & Innovation. Encore aujourd’hui, je le considère comme une personne très importante pour moi : c’est lui qui m’a fait choisir l’ESME Sudria et découvrir l’univers maker avec le Sudri’Lab. C’est aussi lui qui m’a ensuite permis de devenir encadrant du Sudri’Lab auprès des autres étudiants pendant deux ans afin d’aider celles et ceux qui le souhaitaient à utiliser les différentes machines, des imprimantes 3D à la découpe laser.

David, un maker à l'ESME Sudria

Au sein du Sudri’Lab, David fait forte impression (3D)

En tant que maker, quelle a été ta première fierté ?

La première qui me vient en tête est née après une discussion avec mon père sur notre maison de campagne et sur le fait qu’il y faisait forcément toujours froid à notre arrivée. Je me suis alors demandé comment pouvoir la réchauffer à distance. Mon père a émis l’idée d’une chaudière connectée et, grâce à un fablab de la région et le Sudri’Lab de l’école, j’ai créé un boitier branché sur la prise secteur pouvant ensuite être branché à n’importe quel appareil électrique, comme une lampe ou, en l’occurrence ici, une chaudière. Et via une application passant par un serveur en PHP, mon père était alors enfin en mesure de contrôler à distance la température de la maison.

 

Depuis tes débuts, tu as aussi développé une passion pour les drones.

C’est vrai ! Quand j’ai commencé à voir des vidéos de drones sur Internet, cela m’a directement donné envie d’en posséder un. J’ai demandé à mes parents s’ils pouvaient m’en offrir un, mais ils ont refusé. Alors, je leur ai proposé de le fabriquer par mes propres moyens et ils ont accepté. C’est comme ça que mon premier drone a vu le jour. Bon, il était plutôt pourri et a connu un nombre incalculable de crashs, y compris un dans la mer ! Par contre, chaque crash m’a permis de l’améliorer, de le bidouiller, de le modifier… et finalement d’en apprendre davantage. Par la suite, j’ai pu construire une seconde version bien plus performante, avec une stabilisation fonctionnant par GPS, gyroscope et magnétomètre. Depuis, je continue d’en créer régulièrement.

 

Quels genres de drones as-tu construit ?

En pensant à l’entreprise Thales, j’ai d’abord pris l’initiative de fabriquer un drone de surveillance capable de suivre un tracé donné d’un point A à un point B. J’ai ensuite voulu créer un drone « livreur de café ou de flûtes de champagne » en réaction aux nombreuses entreprises de livraison de nourriture apparues ces dernières années. Bien sûr, l’idée d’un drone livreur de boissons est plus anecdotique qu’autre chose, mais je trouvais le concept drôle et le système intéressant à développer. L’ESME Sudria m’a permis de le faire dans le cadre du projet d’innovation. Le drone fonctionnait, mais ses pièces étaient perfectibles car fabriquées avec ma première imprimante 3D. Récemment, j’ai donc décidé d’en proposer une seconde version plus robuste, stabilisée et puissante, sous la forme d’un hexacoptère. Ce drone est évidemment équipé d’une pince capable de transporter la boisson de façon stable et de la poser délicatement après l’atterrissage. Dans l’idéal, le tout pourrait être lié à une application.

David, un maker à l'ESME Sudria

Qu’est-ce qui fait l’âme d’un maker selon toi ?

Le partage ! Bien sûr, quand on a une très bonne idée, il ne faut pas forcément la partager, mais en ce qui concerne les connaissances, le partage est fondamental dans la communauté des makers. C’est pour ça que les Fab Labs existent, pour permettre aux gens de partager leur savoir et d’apprendre des autres. Moi, j’ai beaucoup appris grâce à cela et, dès que possible, je partage ça avec les personnes intéressées. Je trouve cet état d’esprit génial.

 

Partages-tu justement tes projets sur Internet ?

En ce qui concerne les projets que je modélise, je les partage sur Thingiverse, une base de données de projets à imprimer en 3D. Pour le code, je ne me suis pas encore inscrit sur GitHub, mais je pense le faire. J’ai aussi mon propre site Internet, Boccara3D, et mon compte Instagram qui me permettent de parler de mes différentes activités.

 

À quoi juges-tu qu’une de tes idées est bonne ?

Je ne le sais pas et, honnêtement, ce n’est pas ce qui m’importe en tant que maker. Ce qui m’intéresse avant tout, c’est de découvrir des technologies pour mieux les maîtriser plus tard. Prenons l’exemple des drones : je suis persuadé qu’ils peuvent encore évoluer et qu’on les retrouvera partout dans notre quotidien d’ici quelques années, pour différentes tâches. Mon postulat de départ, c’est souvent d’imaginer un service et de me demander si le projet est réalisable ou non. Et le plaisir vient aussi à la fin. Quand je présente mon drone livreur de boissons aux gens, certains vont trouver cela « gadget » quand d’autres se diront « pourquoi pas ! ». J’aime beaucoup voir les différentes réactions que ces projets peuvent susciter. Elles sont riches en enseignements.

David, un maker à l'ESME Sudria

« Votre café, avec ou sans drone ? »

David, un maker à l'ESME Sudria

Un aperçu des projets menés par David

Quel est le projet sur lequel tu travailles actuellement ?

C’est un projet qui s’éloigne de l’univers des drones. Son idée est née à la suite d’un stage réalisé au CNRS où j’ai pu travailler sur le retour sensoriel, un sujet particulièrement étudié par les chercheurs. L’idée du CNRS était alors de chercher à redonner des sensations à des personnes portant une prothèse après avoir perdu un bras. Bien sûr, la durée du stage d’un mois ne m’a pas permis d’aller au bout, mais j’ai tout de même décidé de poursuivre le projet en me rendant toutes les deux semaines au CNRS jusqu’à pouvoir leur livrer un prototype sur lequel leurs équipes continuent de travailler aujourd’hui. Ensuite, en discutant avec des membres de ma famille travaillant dans le milieu médical, on m’a suggéré l’idée d’adapter cette approche aux personnes souffrant de la maladie de Charcot ou d’un diabète très élevé. En effet, ces deux situations entraînent une perte de la sensibilité au niveau du pied chez les personnes concernées et cela a de grosses conséquences sur leur vie. Certaines d’entre elles me l’ont d’ailleurs confié : à cause de cette perte de sensibilité, elles posent mal leurs pieds sur le sol et sont obligées de les regarder pour marcher correctement. Surtout, le fait de poser mal le pied entraîne à terme des déformations. C’est donc sur ce projet que je travaille actuellement. Le but est de pouvoir leur donner suffisamment de sensations pour que ces personnes puissent correctement poser leurs pieds.

 

Comment fais-tu pour le développer ?

Je le teste déjà sur moi-même, en essayant de mettre à la place des futurs utilisateurs. Comme ce n’est pas forcément évident, je travaille sur différentes pistes avec un ami chirurgien. Ensemble, on a par exemple fait des simulations où je m’anesthésiais le pied à l’aide de patchs. Le résultat est intéressant, mais pas encore assez poussé car l’anesthésie agit uniquement en surface et les sensations musculaires sont encore bien présentes. Voilà pourquoi je cherche aujourd’hui d’autres personnes intéressées pour m’accompagner sur ce projet. Certes, le cerveau est très complexe et je ne sais pas encore s’il sera capable de comprendre certains signaux, mais j’espère encore pouvoir avancer. Et même si, à la fin, je me retrouve dans une impasse, cela n’aura pas été inutile : j’aurais appris de nouvelles choses qui me serviront potentiellement pour de nouveaux défis !

 

Retrouvez David sur son site Internet et Instagram

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