INGÉNIEuRS DE TouS LES PoSSIBLES
École d'Ingénieurs reconnue par l'État depuis 1922
Diplôme d'Ingénieur habilité par la CTI
Membre de la Conférence des Grandes Écoles (CGE)
Membre de l'Union des Grandes Écoles Indépendantes (UGEI)

Le blog de l'ESME Sudria

Vous êtes ici :

Femmes & sciences : « Pas de raison qu’il n’y ait pas autant d’ingénieures que d’ingénieurs »

  • 13/04/2021
Zehira Haddad-Boussekou, responsable des enseignements en informatique du Cycle Préparatoire à l’ESME Sudria : « Pas de raison qu’il n’y ait pas autant d’ingénieures que d’ingénieurs »

Qu’elle concerne l’informatique, les sciences, l’ingénierie et bien plus encore, la « tech » constitue un formidable univers et offre de nombreuses opportunités de carrière. Pourtant ces secteurs, si riches et passionnants, peinent encore à attirer les filles et les jeunes femmes. Que ce soit dans le numérique ou dans les écoles d’ingénieurs, leur nombre dépasse péniblement les 25 % depuis de nombreuses années. Une anomalie issue d’aprioris et de clichés encore tenaces qui veulent que, dès leur plus jeune âge, les garçons soient prédestinés à la technologie, mais pas les filles. Dans son dernier dossier en date, le IONIS Mag publiait justement une série de portraits de femmes qui « font la tech » au quotidien au sein des écoles et entités du Groupe IONIS et partagent l’envie de faire bouger les lignes. Parmi elles se trouve Zehira Haddad-Boussekou, responsable des enseignements en informatique du Cycle Préparatoire à l’ESME Sudria.

 

Zehira Haddad-Boussekou, responsable des enseignements en informatique du Cycle Préparatoire à l’ESME Sudria : « Pas de raison qu’il n’y ait pas autant d’ingénieures que d’ingénieurs »

 

Que faites-vous à l’ESME Sudria ?

Zehira Haddad-Boussekou : Je suis responsable des enseignements en informatique du Cycle Préparatoire : je m’occupe de coordonner ces enseignements sur les différents campus de l’école. J’enseigne ainsi six modules d’informatique aux deux premières années. En parallèle, j’enseigne le Machine Learning et l’intelligence artificielle dans les parcours Biotech & Santé et  Énergie & Environnement.

 

Dans vos enseignements en informatique, vous déployez à l’école un nouveau type de pédagogie basée sur l’apprentissage par problème. En quoi consiste-t-elle ?

On n’enseigne plus l’informatique via des cours classiques, magistraux ou avec des travaux dirigés, mais via des problèmes à résoudre. Au début du semestre, nous créons des groupes de 6 à 7 étudiants. Ensemble, ils vont travailler sur une problématique à résoudre ; il s’agit de questions concrètes pour lesquels ils ont intérêt, comme la programmation de jeux – car c’est un domaine qui les intéresse beaucoup. Pour cela, nous leur donnons un fascicule détaillant la question, accompagné de ressources bibliographiques. En essayant de la résoudre par eux-mêmes, ils vont acquérir des compétences. C’est avant tout un travail de groupe dans lequel ils ont chacun leur rôle : l’activateur qui va faire en sorte que tout le monde participe et contribue activement aux travaux, le gardien du temps qui va surveiller le calendrier, le barreur qui va superviser l’avancement… C’est très important de les initier le plus tôt possible au fait de travailler en groupe : les ingénieurs ne travaillent jamais seuls dans leur coin. Ils doivent apprendre à avancer par eux-mêmes et échanger avec les autres, pour faire progresser le groupe. L’enseignant est là pour les guider et les accompagner vers le meilleur chemin, tout en les laissant décider des orientations. informatiques, où les hommes sont sur-représentés. Quand on prend les chiffres de créations d’entreprises en France, toutes activités, les femmes représentent presque la moitié des créateurs. Or dans l’univers des startups, qui demande aux jeunes pousses d’être innovantes et disruptives, cela passe par de la technologie pure et dure, avec de l’algorithmie, de l’informatique…Ce sont des univers très masculins, avec très peu femmes.

 

Au fond, c’est une manière de les plonger dans leur future vie professionnelle.

Oui, exactement. En travaillant et en cherchant par eux-mêmes, ils deviennent acteurs de ce qu’ils font, contrairement aux cours classiques où les étudiants ne sont pas forcément concernés, ni concentrés. Mais s’ils cherchent par eux-mêmes, avancent et découvrent de nouvelles choses, ils sont beaucoup plus impliqués et retiennent mieux.

 

Comment peut-on encourager plus de jeunes femmes à s’orienter vers des études d’ingénieurs et scientifiques ?

Le premier point est de leur donner un peu plus confiance en elles et les motiver. Elles ont tendance à jouer la carte de l’assurance et la sécurité : elles privilégient des parcours et des carrières dans lesquels elles ne prennent pas trop de risques. Elles doivent oser et aller vers des terrains inconnus. En informatique, les filles s’occupent encore trop souvent des présentations ou des comptes-rendus des travaux de groupes : elles ne se mouillent pas assez dans la partie programmation ou ingénierie.

 

En informatique ou en ingénierie, voyez-vous néanmoins une évolution ?

Ce sont des univers qui restent très masculins. Mais depuis quelques années, le taux de filles, en particulier à l’ESME Sudria, augmente : nous sommes à plus de 20 % – ce qui est une belle avancée ! J’en suis ravie mais mon but est qu’on arrive rapidement à une vraie parité. Il n’y pas de raison qu’il n’y ait pas autant d’ingénieures que d’ingénieurs.

 

Article initialement paru dans le IONIS Mag #49

 

Partager cet article:

Etablissement d'enseignement supérieur privé - Inscription Rectorat Créteil - Cette école est membre de IONIS Education Group comme :