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Master Projects 2022 : SOS Jacket, le gilet qui communique avec les secours 

  • 31/08/2022
Master Projects 2022 : SOS Jacket, le gilet qui communique avec les secours

Pour leur projet de fin d’études, les futurs ingénieurs Marine Bertoux, Diane-Marie Minfno et Jérôme Verdez (ESME promo 2022) ont développé SOS Jacket, un gilet de sauvetage connecté, capable de faciliter le travail des secouristes. Récompensé par le prix de la catégorie « Systèmes embarquées et IoT » lors des Master Projects 2022, ce prototype fonctionnel pourrait même, à l’avenir, devenir une réalité.


Master Projects 2022 : SOS Jacket, le gilet qui communique avec les secours

Diane, Marine et Jérôme, les créateurs de la SOS Jacket


Comment décrire le SOS Jacket ?

Marine Bertoux : Il s’agit d’une veste d’assistante qui va permettre justement aux secours d’intervenir beaucoup plus rapidement en ayant à leur disposition les informations de chacune des victimes lors d’accidents, que ce soit des crashs aériens ou des accidents maritimes.


Comment fonctionne cette veste ?

Marine Bertoux : Nous avons installé de nombreux capteurs dessus. Il y a d’abord des capteurs de signaux vitaux qui vont permettre de faire une relève à la fois de la température du corps humain, du pouls et de l’oxygénation du sang. Il y a également des capteurs extérieurs, permettant notamment la relève de la température extérieure pour anticiper les risques d’hypothermie, ainsi qu’un capteur d’accélération G afin de pouvoir calculer lors d’un choc si plusieurs G ont été emmagasinés et donc estimer la présence potentielle de lésions internes. Il y a aussi un microrupteur pour fermer le système et s’assurer que la personne a bien enfilé son gilet. On retrouve enfin un indicateur LED qui va permettre, lorsque la luminosité extérieure diminue, d’augmenter celle de la veste et donc faire en sorte que la personne soit toujours visible, mais aussi un GPS afin de pouvoir retrouver la personne facilement. Toutes ces informations sont envoyées aux secours grâce à une technologie qui s’appelle la technologie LoRa.


Si je suis sauveteur, comment j’accède à ces informations ?

Marine Bertoux : En tant que sauveteur, vous avez à disposition un récepteur LoRa. En fait, LoRa est un protocole de fréquence de modulation : il a besoin d’un émetteur et d’un récepteur, donc de deux antennes. L’émetteur étant implanté sur la veste, les informations sont directement transmises via satellite au récepteur.


Master Projects 2022 : SOS Jacket, le gilet qui communique avec les secours

Est-ce que la SOS Jacket fonctionne également lors de conditions difficiles, comme lors d’intempéries en pleine mer ?

Marine Bertoux : Pour le moment, parce que nous sommes sur une phase de prototypage avec un budget forcément limité, la SOS Jacket fonctionne uniquement sur une portée de 10 km. Et si l’on veut que le prototype fonctionne au milieu de l’océan, il faut donc se rapprocher de la zone concernée. Pour répondre à des niveaux d’exigence beaucoup plus élevés, il nous faudra donc passer sur un autre protocole de communication autre que LoRa. Ce nouveau protocole sera alors satellitaire, permettant une distance bien plus lointaine pour la transmission des informations.


Comment est né le projet ?

Marine Bertoux : Au départ, comme Diane-Marie, Jérôme et moi-même étions attirés respectivement par l’automobile, de l’aéronautique et la défense, nous voulions mener un projet d’études lié à chacun de ces secteurs. Nous nous sommes alors posés de nombreuses questions, jusqu’à arriver à l’idée de pouvoir aider les secours à être beaucoup plus opérationnels. La première partie du projet a ainsi consisté à d’abord faire des recherches au niveau des composants, pour voir ce qu’ils permettaient, et de voir surtout ce qui se faisait déjà pour faciliter le travail des secouristes. C’est à ce moment-là que nous avons réalisé que qu’un tel type de veste n’existait absolument pas ! Nous avons alors multiplié les recherches sur les capteurs, pour en implémenter le plus possible. Finalement, nous avons réduit un petit peu la liste pour ne pas trop se disperser, sachant que ce premier prototype s’orientait davantage sur les accidents aéronautiques et navales. D’ailleurs, des pistes d’amélioration existent, notamment pour tout ce qui concerne l’automobile, mais aussi pour les personnes coincées après une avalanche ou encore lors d’incidents dans les mines. En fait, le SOS Jacket pourra concerner toute personne ayant besoin d’un gilet de sécurité, quel qu’il soit, que ce soit un gilet de survie, un gilet de sauvetage, un gilet de protection du dos, etc. On peut imaginer l’adapter pour la pratique des sports extrêmes, de l’équitation, de la moto…


Quand on développe un tel gilet, on s’intéresse aussi à son coût potentiel, non ?

Marine Bertoux : Nous avons justement évalué tous les coûts, que ce soit le coût de fabrication, le coût du travail – soit la prise en compte du nombre d’heures réalisées par une équipe de trois ingénieurs sur le projet –, le coût de toutes les matières utilisées et de la protection à ajouter à nos composants qui, à l’heure actuelle, ne vont pas du tout dans l’eau… Cela nous a permis de définir un prix de 199,90 euros. Bien sûr, ce prix peut paraître élevé quand on sait que l’on peut trouver facilement des gilets à 20/30 euros aujourd’hui, mais ces derniers, contrairement au nôtre, n’apportent aucune information directement au secours. SOS Jacket est plus qu’une protection pour la victime !


Master Projects 2022 : SOS Jacket, le gilet qui communique avec les secours

L’équipe lors de la remise du prix


D’autant que ce tarif pourrait encore baisser en passant à une production à plus grande échelle et en incorporant la miniaturisation des composants…

Marine Bertoux : Tout à fait ! Nous avons aussi réalisé une évaluation pour la production de 1000 lots et, même si la rupture des composants qui existent en ce moment rend la baisse des prix plus difficile, nous estimions une baisse de 15 euros par produit. Et ce chiffre de 1000 lots représente encore une assez petite échelle de production quand on sait que, par exemple, un avion comme le 380 peut accueillir jusqu’à 700 personnes.


Aimeriez-vous pouvoir continuer ce projet ?

Marine Bertoux : Forcément, on y pense, même si nous partons tous les trois dans d’autres directions : Diane-Marie et Jérôme ont rejoint une entreprise, tandis que j’ai décidé de poursuivre mes études.Le mieux serait de faire une pause avant de, plus tard, le poursuivre ensemble. Et si, au final, un seul membre de l’équipe souhaite le continuer, nous avons décidé que chacun gardera ses parts dans le projet. En ce qui me concerne, j’y suis très attachée : étant très investie dans le secteur de défense, j’avais d’abord imaginé ce gilet sous la forme d’un gilet pare-balles pour les opérations militaires, notamment pour alerter le commandement sur la nécessite de devoir se replier à travers le partage de ces informations, quand la communication verbale devient plus compliquée. À l’avenir, il serait intéressant de pouvoir en parler à des acteurs comme Thales et Safran, qui sont justement les créateurs de Centurion, le « soldat du futur », mais aussi d’autres grosses entreprises en espérant pouvoir faire aboutir. Et on va aussi prendre contact avec des grosses entreprises en espérant que le projet puisse aboutir le projet. Au fond, nous aimerions le développer au sein d’un grand groupe, tout en ayant la mainmise dessus et sans forcément créer notre propre start-up. L’intrapreneuriat nous semble la solution idéale !


Enfin, que vous a apporté le fait de travailler sur un tel projet en tant que futurs ingénieurs ?

Marine Bertoux : C’est toujours intéressant de pouvoir mener un projet personnel en partant de zéro, pour le créer entièrement de A à Z. Cela nous a permis aussi de voir quelle était la partie qui nous plaisait le plus. Par exemple, j’ai préféré travailler sur le hardware que le software, ce qui m’a donné la possibilité de développer mes envies sur cet aspect. Le projet en lui-même a également été une bonne occasion de découvrir de très nombreux composants que nous n’avions jamais utilisés jusqu’à présent : il a fallu apprendre, se former, faire des recherches… Et comme c’était un projet qui nous tenait particulièrement à cœur, nous nous sommes pleinement investis, en passant entre 400 et 500 heures à travailler dessus. Ce projet, c’est vraiment notre petit bijou ! Et s’il est fonctionnel aujourd’hui, c’est grâce à notre travail acharné !


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