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Majeure Véhicules Électriques & Autonomes : révolutionner le transport


Pour répondre aux transformations de la société et à l’essor des nouvelles technologies, l’ESME Sudria lance ce semestre cinq nouvelles Majeures pour inscrire ses étudiants dans le futur de l’ingénierie.

Les véhicules tels que nous les connaissons aujourd’hui sont voués à disparaître d’ici les prochaines décennies pour laisser place à de nouveaux modèles électriques et, bientôt, autonomes. Un défi de taille à l’échelle mondiale qui a donné naissance à une nouvelle Majeure au sein de l’ESME Sudria, habituée à anticiper les évolutions de l’ingénierie. Logiquement nommée Majeure Véhicules Électriques & Autonomes, elle va permettre aux futurs diplômés de changer durablement notre quotidien sur bien des aspects comme l’explique Salim Hima, enseignant-chercheur et responsable de cette spécialisation.

Lancement Majeure Véhicules Électriques & Autonomes

Pourquoi est-ce important de lancer une telle Majeure ?

Salim Hima : Ce lancement semblait incontournable. En effet, les modes de transports sont en train de changer aujourd’hui sous l’impulsion de nombreux gouvernements dans le monde afin de réduire l’impact de la mobilité sur l’environnement et la santé des personnes en réduisant les émissions de gaz nocifs. Ainsi, une mobilité électrique combinée à un mode de production de l’énergie électrique basée sur des ressources renouvelables apparaît comme la solution la plus écologique. De ce fait, on constate actuellement une course entre les grands constructeurs pour proposer des modèles électriques de plus en plus performants. Un autre avantage lié à ce changement d’approche vers l’électrique est la concrétisation qu’elle permet en matière de souveraineté énergétique pour les pays longtemps importateurs de pétrole. En d’autres termes, elle permet à ces pays de réduire leur dette en matière d’importations.

Cette considération écologique et économique vaut aussi pour l’aspect autonome ?

Oui. Pour les véhicules autonomes, la question écologique est aussi centrale, ces véhicules permettant de limiter l’émission de gaz polluants en adoptant un mode de conduite différent. Cette technologie s’accompagne par exemple d’une réduction des manœuvres de freinages et des accélérations non nécessaires : le véhicule calcule de lui-même les bonnes distances à respecter avec les autres véhicules ainsi que la vitesse adaptée pour un trajet en prenant en compte les données topologiques et les données relatives à la densité du trafic. Un autre intérêt de l’autonomie réside dans l’aspect sécuritaire. En effet, on sait que près de 90 % des accidents de la route sont, à l’heure actuelle, liés à des erreurs humaines. D’où l’idée de déléguer une partie ou l’intégralité de la conduite à un système intelligent. Le fait que ces véhicules puissent communiquer entre eux ou avec l’infrastructure est aussi synonyme d’une meilleure gestion des déplacements et donc d’une réduction des zones de congestion routière. Enfin, adopter des technologies de déplacement avec des véhicules autonomes représente un autre atout pour le passager : le gain de temps. Au lieu de conduire, il peut faire autre chose – répondre à ses emails, travailler, etc. Gagner ce temps perdu habituellement dans les transports n’est pas négligeable !

Lancement Majeure Véhicules Électriques & Autonomes

Pour les étudiants, c’est donc un bon moyen de toucher à énormément de sujets différents.

Exactement. Cette Majeure permet de développer des compétences multidisciplinaires touchant aux domaines de l’électrique, de l’intelligence artificielle, de la perception…

À quel horizon peut-on s’attendre à voir ces nouveaux véhicules électriques et autonomes arriver sur le marché ?

Les perspectives sont encore variables. Certaines, plus optimistes, prévoient l’arrivée des véhicules autonomes d’ici 2025. D’autres visent plutôt l’horizon 2028/2030. La seule certitude, c’est que des acteurs importants ont déjà lancé des projets d’envergure en la matière. Par exemple, Hyundai a annoncé investir 35 milliards de dollars d’ici à 2025 dans le développement des véhicules autonomes, connectés et électriques. En France, de grands équipementiers tels que Valeo, Bertrandt, Altran ou encore Vector préparent aussi cette future technologie et de grands constructeurs comme Peugeot PSA ou Renault ont déjà dévoilé des démonstrateurs. Les avancées sont significatives et les futurs ingénieurs de l’ESME Sudria auront leur carte à jouer.

La question des anciens véhicules est-elle déjà abordée ? Peut-on imaginer les rendre électriques ou autonomes à l’avenir ?

Pour l’instant non et, de toute façon, ce n’est pas une option viable. Rendre le véhicule autonome sera, selon moi, bien trop coûteux – il faudrait changer l’ensemble du système, ce qui représente une contrainte imposante. Par contre, l’électrification peut encore être envisageable et des sociétés commencent à travailler sur cette transformation du véhicule thermique en véhicule électrique.

Quels cours propose la Majeure ?

En 4e année, les étudiants auront notamment des cours de bases sur les machines électriques nécessaires à la traction des véhicules électriques, sur les convertisseurs électriques permettant d’alimenter proprement les moteurs à partir des batteries, sur la composante dynamique – pour comprendre comment un véhicule fonctionne – et sur l’apprentissage automatique – ou Machine Learning.

En 5e année, l’enseignement va encore plus loin et tend à se spécialiser. Les étudiants abordent ainsi l’hybridation ou l’électrification des véhicules, la reconnaissance de l’environnement – soit la perception, pour voir comment on arrive à reconstruire l’environnement du véhicule à l’aide de différents capteurs –, le développement du système de décision – comment un véhicule autonome décide quelle manœuvre exécuter à partir de la perception et de l’analyse de l’environnement – ou encore les systèmes de contrôle. Pour résumer, la Majeure tend à couvrir tous les aspects de ces technologies.

À l’ESME Sudria, la place des projets est importante dans l’enseignement, en particulier lors du Cycle Ingénieur. Quels genres de projets pourront être menés par les étudiants ?

Des projets aussi variés que les domaines explorés par la Majeure ! Ainsi, les étudiants de 4e année travaillent actuellement sur des projets très divers. Certains portent sur la conception de systèmes avancés d’aide à la conduite, de systèmes de limitation de vitesse adaptatifs, de systèmes d’aide au stationnement… D’autres s’intéressent davantage au développement de composants pour les véhicules autonomes portant sur la perception, le contrôle et le système décisionnel. Une autre équipe se penche plus spécifiquement sur l’électrification des véhicules avec la volonté de concevoir un système hybride du point de vue de la source d’alimentation, avec un panneau solaire et des piles à combustible. Le but est de créer un système embarqué capable de gérer ces deux sources d’énergie.

Lancement Majeure Véhicules Électriques & Autonomes

Pour tous ces projets et ces cours, très techniques, est-ce que la Majeure peut compter sur des partenaires externes ?

Nous pouvons évidemment compter sur des institutions académiques et de recherche telles que l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (IFSTTAR) et l’IFP Énergies nouvelles. Cette dernière est, par exemple, spécialisée sur la question des hydrocarbures responsables. En matière de collaborateurs industriels, nous sommes en discussion avec des acteurs influents du secteur pour des cours portant, entre autres, sur les plateformes de véhicules autonomes.

Finalement, quel est le profil idéal à avoir pour suivre cette Majeure quand on est étudiant ?

Il faut vouloir explorer de multiples disciplines ! Nos étudiants doivent être à la fois créatifs, audacieux et ambitieux car les sujets et problèmes abordés sont parfois complexes. Prenons le cas de la perception : il s’agit d’un domaine très contraignant et exigeant qui nécessite des ingénieurs passionnés par les technologies, les algorithmes et l’informatique. D’ailleurs, de plus en plus d’entreprises sont à la recherche de ce type de profil, en France comme à l’étranger. La problématique étant mondiale, elle ouvrira aussi des portes à l’international pour de futurs diplômés !

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